samedi 11 octobre 2008

Photo Numérique 1 La prise de vue

La 1° partie de l'exposé sur la photographie numérique, par le Dr Patrick Ferry.
Jeudi 25 septembre 2008

PHOTO NUMERIQUE
Prise de vue

I. DEFINITIONS :
Le film est remplacé par un capteur
Le capteur est recouvert par des photosites sensibles à la lumière ( luminance et chrominance)
Il faut 4 photosites pour mesurer une couleur : 1 pour le rouge, 1 pour le bleu, 2 pour le vert ( synthèse additive des couleurs )
Ces 4 photosites forment un pixel.

II. CHOIX D’UN APPAREIL PHOTO :

v ELEMENTS DE CHOIX
o NOMBRE DE PIXELS
o LE ZOOM
o QUALITE DU LOGICIEL DE TRAITEMENT D’IMAGE
o POSITION MACRO
o POSSIBILITES DE REGLAGES MANUELS
o SYSTEME ANTI-BOUGE
o PRIX


v TROIS TYPES D’APPAREILS PHOTOS NUMERIQUES
o COMPACT ou PHOTOSCOPE
§ AVANTAGES
· Faible encombrement
· Simplicité d’utilisation
· Prix
§ INCONVENIENTS
· Lenteur
· Pas de mise en point manuelle
· Visée imprécise
· Bruit numérique
o BRIDGE CAMERA
§ AVANTAGES
· Encombrement raisonnable
· Maîtrise de l’image
· Prix
§ INCONVENIENTS
· Faible réactivité
· Viseur électronique
o REFLEX
§ AVANTAGES
· Qualité optique et logicielle
· Réactivité
· Evolutivité
· Visée précise
§ INCONVENIENTS
· Encombrement
· Prix

v NOMBRE DE PIXELS
o Ce n’est pas l’élément le plus important : La différence est minime pour un travail sur écran ou sur des agrandissements standard.
o La différence joue seulement pour des agrandissements importants ((Tirages grand format ou recadrage)

v LE ZOOM
o C’est la qualité optique du zoom qui conditionne la netteté de l’image
o Un objectif est caractérisé par :
§ Sa focale
§ L’angle de champ
§ Son ouverture
§ Sa distance de mise au point
o La Focale
§ Zoom = objectif à focale variable
§ Les performances sont plus faibles à la focale maxi et à pleine ouverture
§ La focale est fonction de la taille du capteur :
· Plus le capteur est petit, plus la focale semble longue .
· On parle le plus souvent en focale équivalente pour un appareil 35mm
§ La focale conditionne l’angle de champ
o L’Ouverture
§ C’est la luminosité maximale de l’objectif quand le diaphragme est ouvert
§ Ouverture = Focale / diamètre de la lentille frontale
§ Plus le chiffre est petit, plus l’ouverture est grande
§ D’une division à la suivante, la luminosité est multipliée par 2
o La Distance minimale de mise au point
§ Importance ++ pour la macrophoto
o Quid du zoom numérique ??
§ Correspond à l’agrandissement numérique de l’image : dégradation ++ de la qualité de l’image

III. REGLAGES DE BASE
1) COUPLE VITESSE-DIAPHRAGME
Comme en photo argentique , l’art de la photo numérique consiste au réglage judicieux de ce couple Vitesse- Diaphragme

Ø MODES DE PRISE DE VUE
§ Automatique : aucun réglage possible
§ Programme : Réglage du flash possible
§ Priorité à la vitesse
§ Priorité au diaphragme
§ Manuel
§ Mode scène
§ Mode Macro

Ø Vitesse
§ Règle classique : Ne pas prendre de photos à main levée à une vitesse inférieure au rapport 1/x où x est la focale
§ L’existence de dispositif anti-bougé permet de s’affranchir de cette règle
§ Les vitesses lentes permettent de photographier en ambiance sombre
§ Permettent des effets de filé
Ø Diaphragme
§ Conditionne la profondeur de champ
§ Plus l’ouverture est grande ( le chiffre petit), moins la profondeur de champ est grande
§ En dermato mieux vaut conserver une ouverture de 11 minimum

2) AUTRES REGLAGES DE BASE : LE FORMAT

§ JPEG : Le plus courant mais destructif
§ TIFF : Pas de perte de qualité mais très volumineux
§ RAW : Pas de perte de qualité – Spécifique de chaque marque
· Taux de compression
· Taille de l’image
3) AUTRES REGLAGES DE BASE : LA SENSIBILITE
· Réglage AUTO le plus souvent efficace
· Intérêt d’augmenter la sensibilité pour
§ Augmenter la profondeur de champ en fermant plus le diaphragme
§ Utiliser une vitesse plus rapide
· Mais attention au BRUIT NUMERIQUE

4) AUTRES REGLAGES DE BASE : TEMPERATURE DE COULEUR


· Réglage AUTO : En général satisfaisant mais dominante orangée en lumière artificielle
· Pré-réglages
· Blanc Mesuré : En cas d’éclairage composite

5) AUTRES REGLAGES DE BASE : PHOTO AU FLASH
· AUTO : l’appareil décide s’il est opportun d’utiliser le flash
· Flash coupé
· Flash forcé : Utile pour déboucher les ombres en contre-jour
· Anti-yeux rouges
· Synchro lente

6) AUTRES REGLAGES DE BASE : LA MISE AU POINT
· AUTOFOCUS
· PONCTUELLE – Pour les sujets statiques
· CONTINUE – Pour les sujets en mouvement
· MANUELLE
· Les circonstances où l’autofocus peut être pris en défaut :
o Manque de contraste ( La peau par exemple)
o Objets situés à différentes distances
o Motifs géométriques réguliers
o Ecarts de luminosité importants
o Objets à l’arrière- plan plus grands que le sujet

7) AUTRES REGLAGES DE BASE : MESURE DE LA LUMIERE
· Pondérée centrale : La plus courante
· Matricielle ( Multizone)
· Spot
· Les pièges de l’exposition automatique de l’exposition : Le posemètre est étalonné pour une luminosité moyenne correspondant à un gris moyen. :
· En cas de zone claire dominante : Sous-exposition
· En cas de zone sombre dominante : Sur-exposition
·
8) MACRO – PHOTO
· EQUIPEMENT :
a. Compact avec position Macro
b. Bridge :
i. Bonnettes (Filtre close-up) si pas de vis à l’avant de l’objectif.
c. Reflex :
i. Bonnettes
ii. Tubes allonge
iii. Objectif macro
· ECLAIRAGE
a. Lumière ambiante
b. Flash +/- diffuseur
c. Scialitique
d. 2 Spots
· MISE AU POINT
a. Autofocus souvent mis en défaut
b. Mise au point en faisant varier la distance objectif-sujet
· EXPOSITION
a. Plus on s’approche du sujet et plus le grossissement est important plus la profondeur de champ est faible
b. Nécessité de diaphragmer assez fortement (f/11 ou f/16) pour avoir une profondeur de champ suffisante
c. Manque de lumière

9) PHOTO ET DERMOSCOPIE
· Maintenir le dermoscope à la main dans l’alignement de l’objectif ou bricolage
· Adaptateurs HEINE pour Delta 20
Adaptateur 28mm convient pour :
Nikon COOLPIX : 990, 995, 4500, 4300, 8400
Adaptateur 52mm pour :
o Reflex NIKON
o Reflex CANON
o Reflex MINOLTA/SONY
o Canon POWERSHOT : A95, A510, A 520,
o S 80
10) QUELQUES PRIX ( Kelcoo .com septembre 2008)
· Compact Nikon Coolpix S 550 – 10 Mpix = 200€
· Bridge Coolpix P80 10 Mpix , Zoom 28/480mm = 350€
· Reflex Nikon D 40 , 6Mpix = 360€

J'ajoute quelques remarques. Jy G

1. Les capteurs sont petits. Donc les photosites sont tout petits. Plus ils sont nombreux, plus ils sont tout petits.
Plus ils sont petits, moins ils reçoivent de lumière: le signal doit être amplifié par l'électronique de l'appareil, ce qui est source du bruit numérique (des points multicolores parasites nettement visibles).

2. Les Iso: c'est l'équivalent de la sensibilité des pellicules argentiques. Si on augmente le nombre d'iso, on peut augmenter la vitesse ou fermer le diaphragme (on gagne une vitesse ou un diaphragme si on double le nombre d'iso).
Là encore, c'est une amplification électronique de la lumière reçue par le photosite, avec augmentation du bruit parasite (selon les appareils, la taille des photosites ce bruit devient gênant vers 400, 800 voire 1600 iso).

3. La mise au point automatique.
Il faut faire attention qu'elle se fasse sur ce qu'on veut photographier, et non sur le mur derrière. La mise au point ne se fait pas automatiquement au centre de l'appareil. Il y a sur l'écran un repère qui clignote ou se met au rouge quand la mise au point se fait. On peut le déplacer sur certains appareils, et parfois involontairement on le met sur le côté.... Enfin, s'il n'apparaît pas quand on appuie à moitié sur le déclencheur, c'est que la mise au point ne se fait pas. Soit on est trop près, soit le sujet n'est pas assez éclairé, soit la lésion n'est pas assez contrastée.
Donc plus de lumière, et un petit point au stylo, ou le placement dans le champ d'un petit objet que l'on retire suffit souvent à corriger cela.

C'est tout pour ce soir!!

samedi 26 janvier 2008

Bases immunologiques du traitement du psoriasis par les biothérapies

Jeudi 16 décembre le Dr Laurence Le Cleach nous a présenté un exposé brillant, précis, concis, sur la physiopathologie du psoriasis et les biothérapies.

Elle a eu la gentillesse de nous laisser le fichier "power point" sur lequel s'appuyait son intervention.
Voici, avec du mal et du retard, le résumé que j'en ai extrait.


LA PHYSIO-PATHOLOGIE DU PSORIASIS

Elle peut se résumer par « l’équation » :

Terrain génétique + Facteur déclenchant => réaction immunitaire médiée par les lymphocytes T => inflammation dermique et prolifération des kératinocytes.

On peut dire que le psoriasis devient à la lumière de ces récentes découvertes une maladie auto-immune.


1. Rappel d’immunologie

Deux systèmes dans la réaction immunitaire :

A . l’immunité innée
Non spécifique de l’aggresseur, rapide
Ce sont :
Les défensines, sur la barrière épithéliale
Le complément
Les cellules phagocytaires : macrophages, cellules dendritiques (Langerhans).

B. l’immunité acquise
C’est l’immunité adaptative.

Les cellules effectrices sont :
les lymphocytes T (LT)
les lymphocytes B (LB)

Les cellules phagocytaires réalisent le lien avec ce 2° système de défense, par leur rôle de présentation des antigènes (CPA, cellules présentatrices d’antigène) aux LT.
Cette présentation se fait dans le ganglion lymphatique drainant le territoire « attaqué » : l’agent pathogène est digéré par la CPA, qui présente au LT les peptides antigèniques, fixés sur son récepteur de surface appelé MHC.
MHC + Ag se lient au récepteur du lymphocyte T (TCR).
TCR est variable pour s’adapter spécifiquement à l’antigène présenté.

Cette présentation de l’Ag avec la formation du complexe MHC-Ag-TCR ne suffit pas.
D’autres liaisons sont nécessaires à l’activation, CF schéma.



Le lymphocyte T activé synthétise différents récepteurs de surface et des cytokines, et va connaître une expansion clonale. Spécifique de l’Ag rencontré, il va persister dans l'organisme: LT mémoire.

L’activation produit 2 types de lymphocytes T :
- ceux qui portent CD4 en surface vont avoir une activation en T Helper ou TH, ils vont réagir avec les LB reconnaissant le même Ag, et vont amplifier la réponse immunitaire spécifique.
- ceux qui portent le CD8 se différencient en lymphocytes cytotoxiques ou TC qui vont tuer les cellules infectées.

Enfin, au sein des TH, il va y avoir 2 sous-populations :
TH1, qui sécrétent de l’interféron gamma (INF g) , du TNF alpha, de l’interleukine 2 (IL2). Ces cytokines vont favoriser la prolifération de LT CD8+, donc de T cytotoxiques.
Ce contexte « immunologique » est celui du psoriasis.

TH2, qui sécrètent les cytokines IL4, IL5, IL10, et induisent plutôt la production d’anticorps par les LB.
C’est le contexte de la dermatite atopique.

Cette différenciation TH1-TH2 va dépendre des cytokines dominantes, des voies d’apprêtage de l’Ag dans la CPA (note Jyg : donc rôle du terrain génétique et de l’organisme infestant ??).


Migration des LT vers le lieu de l’infection.

Les lymphocytes activés vont rejoindre leur site d’action. Ils passent par la circulation sanguine,et vont être ralentis puis stoppés aux endroits concernés par des récepteurs présents à la surface des cellules endothéliales des capillaires, (E-Sélectine qui ralentit les LT puis ICAM-1 qui les stoppent).

LT passent alors la barrière endothéliale (rôle du R VCAM de la cellule endothéliale): ils vont combattre l'Ag détecté.
A la fin de la réaction, il va rester selon toute vraisemblance des cellules mémoire sur place (Note perso, donc sous réserve !).

2. Retour à la physiopathologie du psoriasis

Rappel de l’équation :
Terrain génétique + Facteur déclenchant => réaction immunitaire médiée par les lymphocytes T
=> inflammation dermique et prolifération des kératinocytes.

A. Terrain génétique et facteur déclenchant
Quelques indices de l’implication d’un terrain génétique :
Prévalence variable : caucasiens 1 à 2 %, asiatiques 0,4 %
Les antécédents familiaux : 2 parents atteints : 50 % enfants atteints, 1 parent atteint : 16 % enfants atteints

Au plan moléculaire, 9 Locus de susceptibilités identifiés : PSOR 1 à 9
PSOR 1 est retrouvé chez 50 % des Psoriasis, il code code pour HLA CW6 5 (molécule CMH1), psoriasis à début précoce < 40 ans

B. La lésion de psoriasis
Histogiquement :
Acanthose : les Kératinocytes (K) prolifèrent. L’activité mitotique des K est multipliée par 50, migration de de la couche basale à la couche cornée en 4 jours ( 29 jours normalement)
Parakératose (différenciation incomplète des K )
Papillomatose (aspect festonné de la jonction)
Infiltration (PNN dans l’épiderme, cellules inflammatoires mononuclées, macrophages et LT, dans le derme papillaire

Immunomarquages
Epiderme : expression aberrante d’Ag, MHC, ICAM 1, HSP (Heat Shock protein)
Vaisseaux : dilatés, s'approchant de l'épiderme. Les cellules endothéliales sont activées, comme en témoigne la présence d’ICAM 1, MHC , VCAM, E sélectine.
Infiltrat LT : CD4 phénotype active dans le derme
CD4 et CD8 dans l’épiderme

C. Indices en faveur du rôle des LT :
- l’infiltrat LT disparaît à la guérison
- les traitements agissant sur les LT sont efficaces (Ciclosporine)
- des patients psoriasiques ayant reçu des allogreffes de moëlle ont vu le pso disparaître (donneur non psoriasique). A l’inverse, des receveurs non psoriasiques ont développé la maladie après avoir reçu le greffon d’un donneur psoriasique.

LE PSORIASIS UNE MALADIE AUTO-IMMUNE ?

Les données expérimentales indiquent fortement une responsabilité du LT dans la genèse de la plaque de psoriasis.

Le mécanisme serait le suivant :
- un Ag phagocyté par les cellules de Langerhans et présenté par celles-ci aux LT, dans le ganglion lymphatique. Le LT activé se multiplie.

- la réactivation de la peau par l’Ag induit la lésion cutanée.

Quel Ag? On ne sait pas. Un super Ag bactérien ? Un auto-antigène épidermique (défensine, HSP) ?


3.Les étapes de la réaction immunitaire dans le psoriasis.



L’antigène quel qu’il soit est capté par les CPA et présenté dans le ganglion lymphatique ;
Les LT sont activés = TC et TH1.
Ils passent dans la circulation, et puis dans le derme en étant stoppés par les « signaux » sur les cellules endothéliales que sont E-Sélectine, ICAM, VCAM, et cela seulement à l'emplacement des lésions psoriasiques.

Dans le derme, les lymphocytes recrutés et les lymphocytes résidants vont interagir de nouveau avec les CPA: activation, prolifération, synthèse de TNF a et INFgamma.

Le TNF est une molécule qui va :
Activer les CPA, activer la synthèse de cytokines pro-inflammatoires, favoriser la prolifération des LT (réaction en chaînes)
Activer la production des molécules ICAM et VCAM qui « bloquent » les LT circulants .
Produire des cytokines angiogènes (érythème).
Agir sur la différenciation kératinocytaire
Les kératinocytes activés par les cytokines vont proliférer, produire des chémokines qui attirent les PNN.
Les TC vont passer dans l’épiderme en altérant la JDE ce qui pourrait aussi être une cause de l’hypertrophie épithéliale.

Detail de ces 3 temps:




4. De nouveaux acteurs récemment identifiés
Pour compliqué qu’il soit, ce modèle est sans doute encore éloigné de la réalité.
De nouveaux acteurs sont identifiés, cibles de nouveaux traitements :

IL12 et IL23
T reg, ce sont des LT qui régulent l’activité TH et TC. Ils sont diminués dans les plaques de pso.
Toll like Receptors (famille de 10 récepteurs identifiés sur les CPA)


Pour finir, sous forme de diapos, le mécanisme d’action des 3 biothérapies couramment utilisées dans le psoriasis actuellement.